Quand j’étais petit, je passais mes vacances près du Pont d’Yeu (à ne pas confondre avec le passage du Gois), il s’agit d’un chemin inachevé, comme le raconte la légende dans laquelle le diable devait construire une route allant de la côte à l’ile d’Yeu, mais il fut interrompu par le chant intempestif du coq qu’il avait lui-même saoulé. Un chemin inachevé sur lequel, à marée basse, lors de certaines grandes marées, il est possible pour la foule d’aller pêcher coquillages et autres fruits de mer. Nous y étions allés un jour, avec ma grand-mère et son seau. A un moment, je m’étais posé sur un petit tas de sable mouillé, et soudain, je sentis un fourmillement, des zigouigouis, des chatouillis sous mes pieds… Je sautai immédiatement à coté de cette bosse sablonneuse pour voir ce qu’il en était et vis une magnifique araignée de mer sortir du monticule sur lequel je m’étais trouvé debout quelque instant plus tôt. Aussitôt j’appelai ma grand-mère, « Mamie, Mamie ! », en lui indiquant l’animal du doigt, ce voyant et entendant, un monsieur qui m’était inconnu, ramassa, avant qu’elle ne s’échappe, l’araignée, pour la mettre gentiment dans le seau de ma grand-mère qui la bouffa le soir même.

PASCAL DANDOIS